L'art et ses institutions en France : je viens de finir la lecture de cet épais ouvrage de Gérard Monnier, il est passé en revue l'histoire de la représentation des oeuvres d'arts en France depuis les Salons d'automne jusqu'aux musées que nous connaissons. C'est riche, touffu et épicé comme un if au printemps, toujours trés référencé, parfois rébarbatif ou laborieux, j'y ai grandement appris! Une de mes conclusions est que malgré les siècles passés, rien n'a vraiment changé : pour un artiste, les lieux où il faut être présenté ne sont pas nombreux, pour les institutions publiques, il faut toujours laissé faire les galeries/marchands avant de valider la "pertinence" d'un artiste. Paradoxalement, c'est un artiste, David qui post révolution a mis en place un système de représentation institutionalisé, cette confusion des genres étati d'avant garde.
Sans vouloir paraître nostalgique, il est maintenant rare de voir le public réellement s'extasier ou s'horrifier devant des oeuvres d'art (comme a pu susciter Manet par exemple), serions-nous lassés de voir tant de fois nos sens provoqués que notre capacité à réagir se serait émosutillée? Je ne sais, mais l'art semblait être auparavant "chose publique" et pouvait susciter des débats populaires qu'il ne semble plus à même de provoquer de nos jours.
Enfin, la multiplication actuelle des foires, expositions, galeries, etc.. qui accompagnent la profusion de création actuelle a sûremnt segmenté, divisionné les différents publics et ne permet plus d'avoir une vision globale de la création actuelle. La concurrence est rude.