Les rapports liant le monde politique et l’univers artistique ont pour coutume de ne pas baignés dans la sérénité. Il faut les excuser c’est aussi dans leur nature, si le premier se préoccupe légitimement du court terme et du bien être pratique de ses concitoyens, le second penche davantage vers le long terme et l’ouverture de ses spectateurs à des réflexions renouvelées, scrutant leur sensibilité pour y réveiller des sensations cachées.
De la à rendre l’art rebelle et la politique conservative, ce serait de la caricature. Mais la force des choses fait que l’état souvent se pare d’une légitimité artistique et que l’artiste parfois revendique des aspects politiques. Tous deux ont aussi pour objet et souci la chose publique, chacun à leur manière. Cependant certaines récentes nouvelles me font hérisser les synapses car lorsque l’état se mêle de trop et s’en emmêlent les pinceaux, les artistes et leurs supporteurs sortent leurs porte-voix et banderoles.
L’emprise de l’état français sur la gestion de « ses » musées a basculé certains pouvoirs depuis la direction des musées de France aux politiques culturelles locales. Depuis quelques mois, les conflits se multiplient dès qu’ils ont trait à la nomination des responsables de musées. Il faut libérer les musées et leurs commissaires !
Comme annoncé, Corinne Diserens, du Musée des beaux-arts de Nantes quitte son poste de directeur fin avril. Le maire de la ville ne la reconduit pas au poste auquel il l'avait nommée, elle serait trop contemporaine dans sa politique culturelle. Maurice Fréchuret, du CAPC-Musée d'art contemporain de Bordeaux, annonce sa démission au maire, il serait lui trop conservateur, manque d'ouverture et refus de coproduire des expositions avec des musées étrangers.
Corinne Diserens "C'est l'ingérence du politique. Les élus sont dans un temps électoral alors que le directeur de musée réfléchit sur le long terme et propose des actions qui ne sont pas forcément visibles." Article complet ici
Il y a de beaux exemples de réalisations communes tel le récent MAC/VAL, la politique culturelle rejoint alors l’aménagement du territoire. Mais si le musée est une facette culturelle d’une ville, parfois La seule facette institutionnelle, ce n’est pour autant qu’il doit se mettre au service des intérêts du maire ni de ses goûts artistiques. A chacun son métier.