ArtGeneration, Carré d’art, Artupdéco, Envie d’art, Toast Gallery, des « galeries d’art » accessible ou low-cost fleurissent un peu partout dans la capitale depuis quelques années, offrant au public des productions à un prix très abordable, parfois définit en fonction de la taille de la toile (pourquoi pas au kilo ?). La Maison des artistes ou le CIPAC définissent une galerie comme un « diffuseur d’art », ces espaces entrent donc dans cette catégorie. Il est néanmoins certain que les marchands d’art professionnels ne se lassent pas de dénigrer la majorité de ces productions à qui il manquerait le supplément d’âme nécessaire à une vraie portée artistique.
Une approche démagogique mettrait en avant le caractère novateur et « si démocratique » de rendre accessible au plus grand nombre l’agréable possession de productions picturales, ajouterait la mise à l’étrier de certains artistes grâce à ce medium qui les fait connaître et leur permet de (sur)vivre, le tout s’appuyant sur une critique du pseudo-snobisme des galeristes traditionnels et la difficulté d’évaluer la valeur d’une œuvre d’art. Ces nouveaux espaces affichent en effet de bons résultats - 6000 toiles vendues en 2004 chez ArtUp Déco – et confirment la pertinence de leur concept par le nombre de visiteurs élevé in situ ou on line au regard de la moyenne de 93 visiteurs/semaine dans les galeries traditionnelles (étude CSA – CGPA 2005).
L’approche inverse, puriste, consisterait à bannir cette usurpation du terme de galerie d’art, ces espaces d’un autre genre étant davantage des boutiques de décoration visuelle qu’autre chose, ainsi que leur répréhensible abus du terme d’art, la production simplement originale d’un individu ne lui donnant pas forcément le caractère d’œuvre d’art mais au pire celle de pièces décoratives. Bref, ces lieux arnaqueraient le public, lui faisant croire qu’il achète de l’art à bas prix, le tout camouflé derrière l’argument de démocratisation de l’art.
Une galerie se définit par la relation étroite et souvent non contractualisée qu’elle entretient avec un artiste, un œil averti et connaisseur qui l’amène à présenter un type d’œuvres défini par un style, une époque ou une approche artistique, le tout paré d’une certaine prise de risque. Malgré tout le bien que représente la démarche du public de s’offrir des œuvres originales plutôt que des affiches reproduites, il est difficile de voir comment ces espaces, présentant parfois plus de 500 œuvres réalisées par plusieurs centaines d’artistes et dans tous les styles peuvent légitimement avoir la même perspective sur l’art qu’une traditionnelle galerie.
Une analogie musicale synthétique : il y a autant de différences entre un label indépendant et un distributeur type Fnac qu’entre une galerie traditionnelle et les galeries low cost bien que l'un comme l'autre soient très utiles au marché. La banalisation de la démarche artistique générée par le biais de ces espaces creuse le sillon du peu de crédit que le public octroie à l'art comtemporain ou à l'art abstrait.
Une initiative originale est à mettre au crédit de la Galerie Serpentine qui investit un lieu de passage, un couloir souterrain rue de rennes pour y présenter les œuvres d’artistes côtés.



