Hubert Landais, ancien directeur des Musées de France de 1977 à 1987, est décédé le 28 juillet, à l'âge de 85 ans. Il dirigea la RMN dès 1977 gérant l'ouverture du Musée d'Orsay, en 1986, et celle de la pyramide du Louvre, en 1989.
Né en 1921 à Paris, archiviste-paléographe, entré au Louvre en 1946, pour devenir conservateur deux ans plus tard, nommé directeur de l'ICOM en 1977 (International Council of Museums, Conseil), ONG dépendant de l'Unesco, il créa la Journée internationale des musées.
Il se solidarisa publiquement en 1988 avec Pierre Rosenberg, à l'époque responsable du département des peintures du Musée du Louvre, accusé à tort de recel à propos de l'achat d'un tableau de Murillo. Michel Laclotte avait fait de même. Sur cette histoire rocambolesque, je conseille le livre-enquête de Mark Hunter, « Le destin de Suzanne », dont voici un extrait sur Hubert Landais :
« Grand, mince, les traits fins et les yeux sombres, il était entré au Louvre en 1946, et avait lentement mais sûrement gravi tous les échelons. La tradition voulait que les sous-directeurs des Musées nationaux ne s'assoient jamais dans la chaise directoriale, mais en 1977 il avait fait mentir la tradition. «Je n'ai jamais fait acte de candidature», précisait-il. Mais il s'était préparé jour après jour: «J'ai lu chaque lettre reçue par trois directeurs successifs pendant quinze ans.» C'est ainsi qu'il était devenu, selon son expression, «la mémoire vivante du Louvre». Ce qu'il ne disait pas, c'est qu'il était aussi un véritable expert des multiples réseaux d'influence qui parcourent les hautes sphères de la société parisienne...»