artophile

in libro veritas

Henri Loyrette

Hl A écouter, l'intéressante interview d'Henri Loyrette, président du Louvre, on y apprend beaucoup sur lui - sa fascination pour Ingres et son parcours exemplaire bien que fortuit « J'ai passé le concours de conservateur comme j'aurais passé le concours des Postes, parce qu'il fallait bien faire quelque chose. J'ignorais tout de ce métier. » - mais peu sur sa fonction et ses projets, il ne s'attarde ainsi pas du tout sur les extensions du Louvre qu'il pilote (Atlanta et Lens). Il assure que les finances du Musée sont maintenant tout à fait saines, il est surprenant de le voir acclamer que le Louvre n'a plus de problème de budget d'acquisition, bien qu'il regrette l'absence de Velazquez.

Membre de l'Académie des Beaux-Arts, Henri Loyrette a le parcours parfait du cadre en administration de musées français. Successeur à la tête du Louvre de Pierre Rosenberg et poulain de Michel Laclotte qu'il avait assisté lors de la création du Musée d'Orsay, il est aussi spécialiste de l'art du XIXème et plus particulièrement de Degas auquel il a consacré de nombreux ouvrages.

Pour en savoir plus sur les musées

207032865108lzzzzzzz L'art et ses institutions en France : je viens de finir la lecture de cet épais ouvrage de Gérard Monnier, il est passé en revue l'histoire de la représentation des oeuvres d'arts en France depuis les Salons d'automne jusqu'aux musées que nous connaissons. C'est riche, touffu et épicé comme un if au printemps, toujours trés référencé, parfois rébarbatif ou laborieux, j'y ai grandement appris! Une de mes conclusions est que malgré les siècles passés, rien n'a vraiment changé : pour un artiste, les lieux où il faut être présenté ne sont pas nombreux, pour les institutions publiques, il faut toujours laissé faire les galeries/marchands avant de valider la "pertinence" d'un artiste. Paradoxalement, c'est un artiste, David qui post révolution a mis en place un système de représentation institutionalisé, cette confusion des genres étati d'avant garde.

Sans vouloir paraître nostalgique, il est maintenant rare de voir le public réellement s'extasier ou s'horrifier devant des oeuvres d'art (comme a pu susciter Manet par exemple), serions-nous lassés de voir tant de fois nos sens provoqués que notre capacité à réagir se serait émosutillée? Je ne sais, mais l'art semblait être auparavant "chose publique" et pouvait susciter des débats populaires qu'il ne semble plus à même de provoquer de nos jours.

Enfin, la multiplication actuelle des foires, expositions, galeries, etc.. qui accompagnent la profusion de création actuelle a sûremnt segmenté, divisionné les différents publics et ne permet plus d'avoir une vision globale de la création actuelle. La concurrence est rude.

Conservateur à coeur ouvert

9782866563073m_1 Parce qu'il est rare que certaines personnes prennent la parole, il faut reconnaître à Michel Laclotte une réelle franchise de ton. Ce livre nous fait parcourir l'histoire de musées sur la deuxième partie du XX siècle, c'est édifiant, écrit comme un conte qui décrit les processus politiques et culturels à l'oeuvre dans les coulisses des musées.

Historien de l'art, conservateur, directeur de musées, après plus de vingt ans passés au département des Peintures du Louvre, Michel Laclotte a participé à la création du Petit Palais d'Avignon, puis à celle du musée d'Orsay, avant de devenir directeur du musée du Louvre pour lequel il a dirigé le chantier du Grand Louvre.