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Museums podcast II

Les podcast de musées sont définitivement un nouveau de communication autoru des oeuvres. Dernier en date le portail global museums qui tente de regrouper tous les podcast de musées, voyez leur directory, la partie française reste à créer, seuls les musées anglosaxons sont bien représentés. On parle plsu largement des virtual guides et autres soundwalk divers ici.

Audioguide Da Vinci Code

Header_01 Le Louvre l'a fait  : le Soundwalk du Da Vinci Code à télécharger gratuitement. Initiative intéressante pour le média - podcast - et construite autour d'un parcours à thème. Espérons que ce n'est qu'un début. Les audioguides/podcast téléchargeables de musées se multiplient de toutes parts et c'est bien logique car le besoin existe, le média est au point. Reste à voir les visiteurs podcastisés dans une même salle poussant ensemble un cri de frayeur à telle intervention audio... ce serait presque un happening!

Le premier historien d’art : Henri Focillon

Parce que le présent se juge à l’aune des temps qui l’ont précédé, rapide éclairage en forme de retour en arrière sur Henri Focillon (1881-1943).

Focillon_henri_1 Sans doute un des historiens d’art français les renommés, c’est lui qui a quasiment inventé cette « matière », il fut un très influent professeur d’histoire de l’art à l’université de Lyon et directeur des musées de la ville de 1913 à 1924, avant d’enseigner l’histoire de l’art à la Sorbonne et au Collège de France.

Durant la guerre, il part en exil à New York où il participe à la fondation avec Claude Levi-Strauss, Jacques Maritain, J. Perrin et d'autres de l'École libre des hautes études de New York, centre des intellectuels français en exil à New York pendant l’occupation. C’est dans cette ville d’exil qu’il décède en 1943.

La Bourse Focillon récompense encore aujourd'hui chaque année une très bonne thèse en Histoire de l’art des doctorants. Elle permet au rédacteur de séjourner 3 mois à l’université de Yale.

Ses études font référence et sa méthode marqua plusieurs générations d’élèves qui se réclament encore de son héritage, c’est aussi un réel écrivain fort de talent de plume indéniable.

Deux de ses écrits essentiels sont disponibles en ligne :

Eloge de la main (1934)

« J’entreprends cet éloge de la main comme on remplit un devoir d’amitié », cette première phrase donne instantanément l’envie d’aller plus loin.

Vie des formes (1934)

Une référence, essai de méthodologie qui affirme sa pensée autour d’une interprétation "formaliste" de l'art et de son histoire

Monsieur Hubert Landais n'est plus

Hubert Landais, ancien directeur des Musées de France de 1977 à 1987, est décédé le 28 juillet, à l'âge de 85 ans. Il dirigea la RMN dès 1977 gérant l'ouverture du Musée d'Orsay, en 1986, et celle de la pyramide du Louvre, en 1989.

Hubert_landais_mfd_01b Né en 1921 à Paris, archiviste-paléographe, entré au Louvre en 1946, pour devenir conservateur deux ans plus tard, nommé directeur de l'ICOM en 1977 (International Council of Museums, Conseil), ONG dépendant de l'Unesco, il créa la Journée internationale des musées.

Il se solidarisa publiquement en 1988 avec Pierre Rosenberg, à l'époque responsable du département des peintures du Musée du Louvre, accusé à tort de recel à propos de l'achat d'un tableau de Murillo. Michel Laclotte avait fait de même. Sur cette histoire rocambolesque, je conseille le livre-enquête de Mark Hunter, « Le destin de Suzanne », dont voici un extrait sur Hubert Landais :

« Grand, mince, les traits fins et les yeux sombres, il était entré au Louvre en 1946, et avait lentement mais sûrement gravi tous les échelons. La tradition voulait que les sous-directeurs des Musées nationaux ne s'assoient jamais dans la chaise directoriale, mais en 1977 il avait fait mentir la tradition. «Je n'ai jamais fait acte de candidature», précisait-il. Mais il s'était préparé jour après jour: «J'ai lu chaque lettre reçue par trois directeurs successifs pendant quinze ans.» C'est ainsi qu'il était devenu, selon son expression, «la mémoire vivante du Louvre». Ce qu'il ne disait pas, c'est qu'il était aussi un véritable expert des multiples réseaux d'influence qui parcourent les hautes sphères de la société parisienne...»

Les musées podcast

20_1_1 Le podcast est particulièrement approprié à la visite de musés et d’exposition : activité mobile, riche en contenu au cours de laquelle l’opinion d’un expert enrichit très fortement la visite.

C’est enfin d’actualité. Il est maintenant possible de visiter un musée ou une exposition accompagnée d’un audioguide en podcast. Plusieurs musées ont développé cette offre qui devrait sans nul doute se généraliser rapidement et un directory (museumspod.com) s’en fait le portail. On trouve ainsi autant la Tate que le MoMa ou le SFOMA de LA que celui du château de Versailles… Certains sont totalement gratuits et se téléchargent online, d’autres font partie d’un billet spécial et se connectent sur site.

Podemus met en ligne des audioguides mais qui ne sont pas issus des musées ou institutions. Car c’est bien ici que se fait la différence, si le podcast est un excellent moyen de divulguer de l’information précise, reste que l’auteur et le contenu d’un podcast de musées est le garant de sa qualité. La facilité avec la quelle se crée un podcast rend accessible à tous cette possibilité.

Diverses évolutions sont possibles :

Les musées autoproduisent leur podcast.

Les musées, entre autres français, devraient ne pas être à la traîne sur ce sujet qui prendra de l’ampleur. Les audioguides actuels sont hors de prix et souvent gérés par des services externes alors que c’est un service évident que les musées sont en devoir de proposer à moindre frais à leurs visiteurs. Seulement ce n’est pas leur métier de produire ces contenus. Il serait judicieux que les curators se penchent sur ce dossier.

Les musées délèguent la production

Imaginez une société indépendante qui s’occupe de la production (contacter les historiens d’art et tous professeurs experts sur tel sujet d’une exposition ou d’un tableau) et de la diffusion de contenu multimédia à destination des musées, disponibles via téléchargement sur lecteur MP3 ou téléphone mobile.

Le Musée 2.0

Un mix qui ferait que certains visiteurs érudits viendraient agrémenter de leur propre production les contenus des musées. A quand les commentaires de Lunettes rouges disponibles en podcast ? Il avait déjà fait quelques tentatives.

Ba-da-boum ! Exception française ?

Pack3 Casse à Beaubourg! 2 oeuvres majeures prétées par le LACMA de Los Angeles et une galerie de New York au Centre Pompidou pour l'exposition "Los Angeles, Naissance d'une capitale artistique" ont été "malencontreusement cassées" (c'est le moins). Il s'agit d'une colonne en résine de Peter Alexander et d'une oeuvre en Plexiglas de Craig Kaufmann. Le public n'est pas en cause. Le curator du musée s'excuse platement sans se remettre en cause. Les artistes, galeristes et le LACAM se désolent et réclament les assurances. Faut-il y voir la suite de l'exposition "Big Bang : destruction et création dans l'art du XX siècle" ?

Les médias français ici ou la commencent à discrètement s'en faire l'écho tandis que la fureur américaine mord déjà et les artistes ou galeries contactés mettent très clairement en cause la direction du musée. A rappeller que les oeuvres ont été accrochées en présence des artistes ou de leurs responsables, il semblerait que l'une se soit décrochée de sa corniche et l'autre serait tombée du mur. Beaubourg déclare assez piteusement qu'aucun processus d'assurance n'est pour l'instant prévu, (?) ce serait la première fois que cela survient en 30 ans.

La multiplication des expositions temporaires, associées logiquement aux prêts d'oeuvres entre musées, galeries et leurs équivalents étrangers sont une manne chaque fois plus importantes pour les institutions muséales. Nombreux sont les acteurs périphériques qui mettent en cause cette accroissement des prêts compte tenu du risque couru par les oeuvres dans le transport et l'accrochage. (AFROA association française des régisseurs d'oeuvres d'art)

Les « galeries d’art » low-cost : confusion des genres ?

Popart ArtGeneration, Carré d’art, Artupdéco, Envie d’art, Toast Gallery, des « galeries d’art » accessible ou low-cost fleurissent un peu partout dans la capitale depuis quelques années, offrant au public des productions à un prix très abordable, parfois définit en fonction de la taille de la toile (pourquoi pas au kilo ?). La Maison des artistes ou le CIPAC définissent une galerie comme un « diffuseur d’art », ces espaces entrent donc dans cette catégorie. Il est néanmoins certain que les marchands d’art professionnels ne se lassent pas de dénigrer la majorité de ces productions à qui il manquerait le supplément d’âme nécessaire à une vraie portée artistique.

Une approche démagogique mettrait en avant le caractère novateur et « si démocratique » de rendre accessible au plus grand nombre l’agréable possession de productions picturales, ajouterait la mise à l’étrier de certains artistes grâce à ce medium qui les fait connaître et leur permet de (sur)vivre, le tout s’appuyant sur une critique du pseudo-snobisme des galeristes traditionnels et la difficulté d’évaluer la valeur d’une œuvre d’art. Ces nouveaux espaces affichent en effet de bons résultats - 6000 toiles vendues en 2004 chez ArtUp Déco – et confirment la pertinence de leur concept par le nombre de visiteurs élevé in situ ou on line au regard de la moyenne de 93 visiteurs/semaine dans les galeries traditionnelles (étude CSA – CGPA 2005).

L’approche inverse, puriste, consisterait à bannir cette usurpation du terme de galerie d’art, ces espaces d’un autre genre étant davantage des boutiques de décoration visuelle qu’autre chose, ainsi que leur répréhensible abus du terme d’art, la production simplement originale d’un individu ne lui donnant pas forcément le caractère d’œuvre d’art mais au pire celle de pièces décoratives. Bref, ces lieux arnaqueraient le public, lui faisant croire qu’il achète de l’art à bas prix, le tout camouflé derrière l’argument de démocratisation de l’art.

Une galerie se définit par la relation étroite et souvent non contractualisée qu’elle entretient avec un artiste, un œil averti et connaisseur qui l’amène à présenter un type d’œuvres défini par un style, une époque ou une approche artistique, le tout paré d’une certaine prise de risque. Malgré tout le bien que représente la démarche du public de s’offrir des œuvres originales plutôt que des affiches reproduites, il est difficile de voir comment ces espaces, présentant parfois plus de 500 œuvres réalisées par plusieurs centaines d’artistes et dans tous les styles peuvent légitimement avoir la même perspective sur l’art qu’une traditionnelle galerie.

Une analogie musicale synthétique : il y a autant de différences entre un label indépendant et un distributeur type Fnac qu’entre une galerie traditionnelle et les galeries low cost bien que l'un comme l'autre soient très utiles au marché. La banalisation de la démarche artistique générée par le biais de ces espaces creuse le sillon du peu de crédit que le public octroie à l'art comtemporain ou à l'art abstrait.

Une initiative originale est à mettre au crédit de la Galerie Serpentine qui investit un lieu de passage, un couloir souterrain rue de rennes pour y présenter les œuvres d’artistes côtés.

Table ronde à donner le tournis

Campement urbain invite ParisArt pour une table ronde autour du thème de la paupérisation de l'art le prochain 3 juin à 16h30 au Grand Palais. Les thèmes abordés n'ont guère l'air nouveaux dans leur désespérante et rituelle litanie : désengagement culturel de l'état, vicissitudes du mécénat artistique,etc. Bref, les professionnels semblent se complaire à se plaindre, comme si, hors du soutien publique, l'art et l'artiste n'auraient point de salut. A se demander comment font les autres pays... Les thèmes autour du renouvellement des formes non publiques de soutien artistique accompagnant, et même influençant, les nouvelles formes d'art n'intéressent donc personne.

Yves Michaud, dans une tribune passionnante, décrivait récemment les prémisses de ces nouveaux terrain d'expérimentation de l'art : la sociologie, l'humanitaire et l'entreprise ainsi que l'art bio-tech. C'est rafraîchissant comme une bulle de gaz qui claque sous une langue devenue pateuse à force de lire les mêmes ritournelles. Et pour les guillemets : "Il y a une crise proprement française parce que l'art français est un art d'Etat, subventionné, donc sans aucune ambition. Mais le véritable changement, c'est qu'on est passé à une forme d'art que j'appelle l'art à l' «état gazeux». Les œuvres ont disparu. Il reste des expériences fugaces, comme des parfums. C'est le succès du look, de la mode, des installations"

Les coulisses de l’art trop souvent délaissées

Paul_durandruel__1910_1 Une œuvre est avant tout une rencontre personnelle. Rencontre avec un artiste, dont la biographie nous aidera à connaître les ressorts, rencontre avec un contexte historique dont la plus grande connaissance facilitera la compréhension de l’apparition de tel mouvement ou de tel artiste. Une œuvre d’art est une fenêtre ouverte sur cette histoire personnelle et ce contexte collectif qui a fait jaillir du cerveau d’une personne à un moment précis ce que nous contemplons là devant nos yeux.

Une exposition, un musée nous éblouit par les œuvres qu’ils nous donnent à voir. Nous parcourons les cimaises à la recherche de sensations esthétiques souvent prolongées en réflexions philosophiques et métaphysiques. Mais elles ont pour moi souvent un goût d’inachevé. Derrière chaque période, chaque œuvre est aussi présent le marchand qui a su avant les autres ou mieux que les autres identifier qu’il y avait quelque chose d’unique chez ce jeune homme, devant lui, qui présente ses productions. Je reprocherais aux institutions de mettre largement de côté, si ce n’est de totalement oublier, ces personnes.

A titre d’exemple, je ne citerais rapidement que quelques uns des marchands d’art de l’art moderne, il manquerait Vollard, Maeght, Pierre Matisse et bien d’autres.

Paul Durand Ruel, qui avait sa galerie rue Lafitte à Paris, marchand d’art des impressionnistes fin XIX qui a supporté Monet, Cézanne et bien d’autres envers et contre tous, support qui nous paraît si évident aujourd’hui. Pour preuve, la biographie que lui consacre Assouline porte le joli nom de « Grâce lui soient rendues ». C’est lui qui a du traversé l’atlantique avec des Cézanne sous le bras, qui a fait connaître et se développer aux Etats-Unis ces artistes d’avant-gardes méprisés par les collectionneurs français de l’époque. La présence de tant d’œuvres de Monet dans les musées américains en est la directe conséquence.

Daniel Henry Kahnweiler, le marchand des cubistes sans qui Juan Gris, Picasso ou Braque n’auraient tout simplement pas pu produire, faute de moyens. Michel Leiris a prolongé son travail. Une petite demeure lui est consacrée à Belfort.

Heinz Berggruen, arrivé sans le sou à Paris après sa fuite de l’Allemagne nazie, collectionneur et promoteur de Klee, Picasso, Matisse, Miro ou Frida Kahlo (dont il fut l’amant).

Autant de personnes qui mériteraient bien plus d’égards et au moins quelques pages au catalogue d’une exposition. A ce titre et concernant l’abstraction lyrique exposée au Musée du Luxembourg (L'Envolée Lyrique), ne manquez le livre de Michel Ragon « 50 d’art vivant », récit de ces années de rencontres du point de vue du rédacteur de COBRA.

Ill : Portrait de P.Durand Ruel

Emission de curiosités et/ou émission impossible

Durandei Fils de galeriste, Guillaume Durand persévère dans son envie de donner envie d’art et de « se précipiter » dans les musées, il remet le couvert une troisième fois le prochain vendredi 19 mai dans son « Exposition impossible » à 20h30 sur France 2. Viva !

Consacrée à l’art contemporain en direct depuis Beaubourg, nous serons à table avec surtout Catherine Millet , Philippe Dagen , Jean-Philippe Domecq (mais où sont Yves Michaud et Marc Fumaroli?) et accessoirement aussi, tiens, audience oblige, Jean Reno, Josiane Balasko, Claude Allègre, Olivier Picasso, Jean-François Khan.

Ne sont pas confirmés Jean-Claude Veilhan, Claude Closky, Annette Messager, Daniel Buren, Bertrand Lavier, Bruno Racine, Alfred Pacquement, Serge Lemoine, Henri Loyrette, Stéphane Martin (mais où sont Yves Michaud et Marc Fumaroli?)

Gageons que Durand ne commettra pas l’erreur qui aurait tué Campus (pourtant les chiffres d’audience prouvent l’inverse, preuve de mon mauvais goût populaire) de zapper de l’un à l’autre des invités au gré de ce que lui dit son oreillette. Ce n’est pas si souvent que sont réunis dans une émission grand public, la majorité des commentateurs français de l’art contemporain.

Et puis selon La Lettre du Conseil supérieur de l’audiovisuel de février 2004, France 2 et France 3 diffusent moins de 10% d’émissions culturelles au sens le plus strict du terme, loin derrière France 5 (37,5%) et Arte (57%). Alors à nos canapés ! Je regretterais pour une fois d'avoir une si petite TV noir et blanche.